Sale temps pour les lapins !

LapinLe lapin (Oryctolagus cuniculus) est célèbre pour son rythme de reproduction très rapide et, au printemps, de nombreux petits derrières blancs cavalent sur les pelouses de l’Ile-de-Loisirs de Créteil dès que les promeneurs tournent les talons.

En l’absence de prédateurs en nombre conséquent, cette multiplication des lapins et donc de leurs terriers et de leurs « dégustations herbivores » pose parfois problème, notamment dans les cultures. Par le passé, des solutions drastiques ont parfois été imaginées, dont le virus de la myxomatose.

En 1859, le lapin (24 individus !) dit « de garenne », espèce sauvage souche de nos multiples lapins domestiques, est introduit par l’homme en Australie où il devient rapidement invasif. Pour pallier à cette initiative peu lumineuse, les chercheurs Pasteur, Sanarelli, Aragão… réfléchissent, de façon tout autant hasardeuse, à l’inoculation de virus divers et variés dont la plupart sont mis de côté en raison des risques de contamination d’autres espèces. Dans les années 1930, différentes expériences de contamination par la myxomatose sont menées dans divers points du globe, en particulier sur les îles. Des moustiques plus particulièrement « performants » dans la transmission du virus sont également identifiés et les populations de lapins fortement réduites par le virus.

A l’époque certains de nos « savants fous » ont été récompensés de médailles ministérielles avant que d’autres ne soient sollicités quelques années plus tard pour tenter d’enrayer ce même processus en développant l’immunité des lapins, mais sans succès. Des sanctions sont également maintenant appliqués à ceux qui contribueraient au développement ou à la dispersion de la myxomatose, mais il est trop tard pour que nos médaillés ne deviennent sanctionnés !

Le virus transmis par les puces, tiques, mouches hémophages et moustiques, et donc souvent lié à la température et la pluviométrie, provoque des tumeurs cutanées et des œdèmes puis une conjonctivite aiguë auxquels ne survivent que les plus résistants.

Sur l’Ile-de-Loisirs de Créteil, l’hécatombe et la divagation de lapins atteints de cécité est particulièrement déprimante et choquante mais n’est absolument pas liée à un acte volontaire de contrôle des effectifs de lapins. Ce sont les individus atteints ou décimés qui contribuent à la dissémination du virus. Le phénomène étant accentué, là encore, par le peu de prédateurs : le signalement et l’enlèvement des victimes demeurent donc important. Les possibilités d’agir, offertes à tout un chacun sont faibles puisque le traitement des terriers par pesticides est dangereux et peu aisé et que la vaccination « de masse » n’est pas envisageable contrairement à celle de votre lapin domestique. Mais les autres animaux domestiques n’ont rien à craindre de ce virus tout comme les promeneurs et usagers des espaces de l'Ile-de-Loisirs puisque cette maladie n'est pas transmissible à l'Homme.

Il est toutefois important de signaler, pour  enlèvement, aux services de l'Ile-de-Loisirs ou de la Ville de Créteil ,les cadavres de lapins que vous pourriez apercevoir.

En souhaitant un prompt rétablissement à ces sympathiques petits mammifères et une inventivité et des "solutions" plus heureuses que celles engagées par le passé , et que cette triste expérience de la "manipulation" de la nature serve de leçon aux regard des problématiques environnementales actuelles, climatiques notamment!

Voir également le précédent dossier réalisé par Nature & Société sur le même sujet.

Imprimer