Canal, le grand ménage…

Récupération des poissons du canalCôté sud, le lac de Créteil est prolongé par un canal d’une longueur d’environ 200 mètres et d'une profondeur d’un mètre cinquante qui se termine boulevard Jean-Batiste Oudry.

Étonnamment, il ne s’agit pas d’une eau extérieure qui se jetterait dans le lac pour l’alimenter, mais, de l’eau même du lac pompée et acheminée en haut du canal. Un trop plein lui permet ensuite de retourner vers son origine en coulant le long des colonnes de la pointe du lac. C’est cette circulation qui permet un léger courant et qui renouvelle l’eau. Problème, l'eau est pompée dans une zone peu profonde du lac où,vite réchauffée, elle est plébiscitée par les poissons qui viennent régulièrement y frayer et y pondre. Les œufs et même les petits alevins (jeunes poissons) sont aspirés par les pompes et atterrissent dans le canal. Une fois remis de leurs émotions, ils se développent, allègrement, dans ce milieu qui leur convient apparemment à merveille.

Le faible niveau d'eau et l’ensoleillement maximum, concourent à favoriser le développement d'algues et de végétaux qui finissent par obstruer les canalisations du canal. Des moules d’eau douces, les anodontes, s’installent également en grappes dans les pompes s’y nourrissent en filtrant l’eau, y grossissent et finissent par boucher les pompes. Le service des eaux et fontaines de la ville de Créteil, stoppe alors les pompes et vide le canal, afin et le débarrasser des algues envahissantes et des (quelques !) déchets qui y sont accumulés.
Avec le temps, l'étanchéité artificielle de ce canal tend également parfois à se dégrader créant des infiltrations dans les sous-sol riverains, la mise à sec du canal a donc parfois également eu pour objectif d’y remédier.

Tous les deux ou trois ans, l'ouverture des vannes de vidange permet donc l'évacuation de l'eau vers…le lac et la station d'épuration de Valenton... !
C'est pourquoi, afin d'éviter aux poissons de se retrouver, via un réseau d’égouts complexe, dans cet équipement de dépollution (ou de battre des ouïes au fond du canal asséché), les pêcheurs se sont organisés avec le service des eaux et fontaines. Une vidange progressive du canal permet la capture de ces poissons et leur réintroduction dans les grands espaces du lac, qu'ils n'auraient jamais dû quitter… Cette pêche d’un autre genre est également l’occasion d’identifier les espèces présentes dans le lac : anguilles, carassins, carpes, gardons, perches goujonnières, goujons, perches et même sandres et petits silures…

Pierre Navarro à l’occasion de la vidange du canal

Imprimer