COMMUNIQUÉ : Extension de l'incinérateur de Créteil, une aberration écologique contraire à tous les principes de l'économie circulaire et solidaire

Alors que le SYCTOM vient de mettre en avant l'argument de la diminution pour moitié de la capacité d'incinération des déchets ménagers de sa future usine d'Ivry-sur-Seine afin de convaincre la population d'en accepter la reconstruction, nous assistons à un tour de passe-passe entre les différents acteurs du traitement des ordures ménagères de la région parisienne qui conduirait à reporter 100 000 tonnes de déchets sur le nouvel incinérateur du SMITDUVM de Créteil, dont la gestion a été confiée au consortium SUEZ/TIRU.

Ce nouveau projet d'extension d'usine d'incinération est lancé alors même que plan régional pour la prévention des déchets (PRPGD), qui a en priorité pour rôle de mettre en place les conditions d’atteinte des objectifs nationaux de réduction des déchets à la source, est encore en cours d'élaboration et sera opposable aux décisions prises par les personnes morales de droit public.

Dans l'article du Parisien du 21/11/2018, Axel Urgin, maire-adjoint de Créteil et président du SMITDUVM défend "…un projet d’envergure d’intérêt régional, avec des équipements innovants, la création d’emplois en insertion et qui ne coûte pas un euro d’argent public". Une fois encore ce sont des arguments économiques qui sont avancés, sans un mot sur la transition écologique et l'indispensable réduction des déchets à la source. Sans compter que le puits à carbone, même s'il pourrait éventuellement s'inscrire dans la décarbonation de notre société, ne serait qu'une installation pilote, tandis que la production locale de tomates sous une serre chauffée par l'incinération des déchets ménagers met en évidence le grand écart écologique auquel sont prêts les industriels du secteur pour continuer à prospérer. Manger des tomates à la saison des tomates serait bien plus en phase avec le développement durable…

Même si les textes ci-dessous sont encore jugés très insuffisants par l'ensemble des ONG environnementales, Nature & Société rappelle :

  • Que la loi de transition pour la croissance verte (LTECV) adoptée en 2015 a, parmi les mesures annoncées, pour objectif de "lutter contre les gaspillages et de promouvoir l’économie circulaire, en particulier en visant le découplage progressif entre la croissance économique et la consommation de matières premières, en développant le tri à la source et les filières de recyclage et de valorisation (par exemple dans le secteur du bâtiment)".
  • Que les objectifs de la feuille de route de l'économie circulaire présentée par le gouvernement en avril 2018 sont entre autres de réduire de 30 % l’utilisation de ressources liée à  la consommation française d’ici 2030.
  • Que le parlement européen, dans le cadre la directive européenne 2018/851 du 30/05/2018, dite "paquet économie circulaire", vient de donner aux municipalités un objectif chiffré de réemploi et de recyclage d'au moins 55% des déchets ménagers d'ici à 2025. Cet objectif passera à 60% d'ici à 2030 et 65% d'ici à 2035.

Pour Nature & Société, le projet Valo'Marne d'agrandissement de l'incinérateur de Créteil présente une incohérence forte et relève d'une réponse dépassée à l'ensemble de ces objectifs. Le modèle économique du nouvel incinérateur de Créteil porté par le SMITDUVM, qui ne prend pas en compte l'objectif d'une baisse drastique de la production de déchets à la source, ne tient plus.
 
Nature & Société, fidèle à la conduite de son projet associatif, entend continuer inlassablement à travailler aux côtés des citoyens et des collectivités dans le but de mettre en œuvre les mesures indispensables liées à une réelle transition écologique de notre société.

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