Chasseurs, surtout cueilleurs, du 21ème siècle #1

Au mois de mai : les beignets d'acacia

Bien que souvent considéré comme « pas trop d’ici » le Robinier Faux-acacia, l’acacia qui vit usuellement 300 ans, est actuellement le doyen des arbres parisiens. Deux rejets de cet arbre ont été plantés (square René-Viviani en 1601 et Jardin des Plantes en 1636) par Vespasien ROBIN, fils de Jean ROBIN botaniste du roi Henri IV qui a introduit l’espèce en France. Le nom de "Robinier" vient donc de ces deux botanistes.

On retrouve également le Robinier Faux-acacia dans l’ancien calendrier républicain où il nomme le 14ème jour de Prairial (le 2 juin 1795) au côté du "Jour du Sureau" (le 17ème jour de Prairial, soit le vendredi 5 Juin 1795).

Ces deux plantes comestibles fleurissent plutôt début mai, guettez-les et cuisinez-les !

Très dur, et quasiment imputrescible, pouvant remplacer les bois exotiques (pensez-y !), le Robinier est considéré comme une essence très durable qui résiste sans traitement aux attaques des insectes destructeurs (capricornes, termites…), aux champignons parasitaires les plus fréquents dans nos climats tempérés et aux intempéries (pluie) grâce au substances que le bois contient naturellement.

Le Robinier se cantonne souvent aux terrains dégradés lumineux* qu'il enrichit par ses racines symbiotiques (qui peuvent fixer l'azote atmosphérique dans le sol grâce aux bactéries). Il émet également, en se faisant des ennemis au passage, de nombreux stolons qui peuvent s’étendre sur un rayon de 15 mètres autour du tronc ce qui le rend particulièrement invasif. De vastes campagnes de déboisement sont en cours pour le remplacer malgré ses caractéristiques très prisées pour fixer les terrains menacés  d'affaissement (digues, terre-pleins).

*Héliophile, il a besoin d’accès à la lumière.

Beignets de fleurs d’acacia

  • Cueillez des grappes de fleurs d’acacia. Fiez-vous au butinage des abeilles pour dénicher les plus parfumées. Appelé botaniquement à tort « miel d’Acacia », le miel de Robinier (Faux-acacia) est l’un des plus savoureux et cet arbre l’une des uniques sources de nectar à cette période de l’année, ... D’où notre plaidoyer pour le maintien de ceux qui bordent nos ruches !
  • Rincez rapidement les fleurs à l’eau froide et placez-les dans une passoire pour les laisser s’égoutter ou, vérifiez simplement que de petits insectes n’y ont pas élus domicile.

On raconte que les femmes gitanes passaient directement sous les acacias ou le sureau avec de la pâte puis de l’huile pour créer d’étonnants « arbres à beignets ». Moins dangereux, lancez-vous en extérieur avec une rallonge pour éviter l’odeur de friture « dedans » et parce que cuisiner « dehors » est un bonheur !

  • Préparez une pâte à beignet fluide : 600 g de farine, 2 sachets de levure, 4 œufs, 2 verres de lait, un peu de sel, de poivre et d’huile d’olive.
  • Faites chauffer de l’huile (type iso) dans la poêle.
  • Trempez les grappes de fleurs d’acacia dans la pâte pour les recouvrir.
  • Déposez-les dans la poêle sans éclaboussures et laissez dorer d’un côté puis de l’autre avant de les retirer et de les déposer sur un papier absorbant.
  • Saupoudrez (ou pas) d’un peu de sucre en poudre. Dégustez !

La pâte à beignets est idéale pour cuisiner nombre de plantes sauvages, vous pouvez profiter de votre surplus de pâte pour cuisiner ce qui vous entoure :

Dans la nature :

  • Les fleurs de sureau noir (on vous en reparle bientôt),
  • Les feuilles de consoude au goût discret (placez deux feuilles « dos à dos » dans la pâte ou utilisez de la pâte à crêpes pour moins « couvrir » le goût de la consoude). Attention la consoude peut être toxique en grande quantité, évitez l’orgie de beignets.

Au jardin :

  • Les feuilles de sauge (petite feuille ou feuilles coupées en 2 si le goût vous semble trop fort),

… et bien d’autres !

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