Opération nichoirs, quelques conseils

Début janvier, à la tombée de la nuit, un petit peloton d’apprentis ornithologues est parti décrocher des arbres quelques-uns des nichoirs installés par Nature & Société sur l’Ile de Loisirs de Créteil. Grâce notamment à l'un de nos adhérents, Claude Heisch, et aux tourneurs sur bois qui ont offert de nombreux nichoirs à l’association, ainsi qu’à nos petites mains et au … travail des enfants! plus d’une trentaine de nichoirs sont  aujourd'hui installés tout autour du lac de Créteil.

1er objectif :

Ouvrir les nichoirs pour voir ceux qui ont été habités et mieux placer la prochaine fois ceux qui ne l’ont pas été. Nous n’étions pas trop inquiets, peu farouches, les mésanges bleues viennent parfois visiter les nichoirs lors de leur pose avant même que nous n’ayons enlevé l’échelle !

Place au démontage (préférez les vis inoxydables aux clous pour le coup !).

Verdict : les oiseaux ont plébiscité 100 % des nichoirs. Dans certains, les nids s’empilent signe que les nichées se sont succédées aux beaux jours. Seuls quelques œufs « clairs » (non éclos) de mésange y ont été retrouvés. A raison de plusieurs couvées par an, ces domiciles contribuent donc largement au maintien d’une belle population d’oiseaux cavicoles ou cavernicoles (qui nichent dans les cavités).

2ème objectif :

Identifier les locataires (sachant que la taille du trou d’envol permet déjà de faire le tri) mais il y a d’autres indices, nids moelleux de la mésange, nid tout propre du troglodyte mignon, plumes … Et vous quel type de nid construiriez-vous ?

La plupart des nichoirs ont été habités par des mésanges bleues ou charbonnières. L’objectif des années à venir sera de diversifier les lieux de pose, la taille des trous d’envol et le type de nichoirs pour faciliter le maintien de population de certaines espèces qui se font rares (Rougequeue, Sitelle, Huppe…)

3ème objectif :

Opérer un grand ménage. Dans certains nichoirs on trouve des habitants insolites : araignées, débuts artistiques de nids de guêpes, perce oreilles, papillons (et leurs cocons) et autres petites bêtes qui se sont prises pour des oiseaux mais semblent avoir finis dans le gosier de ces derniers.

Au boulot donc pour un grand nettoyage (avec des gants c’est mieux !) pour enlever les anciens nids et les parasites éventuels comme la puce des mésanges ou l’abominable cratérine du martinet (on ne dit pas c’est dégoutant on dit je n’aime pas mais bouarkkk qu’elle est vilaine !). Place ensuite à une observation de tout ce petit monde à la loupe binoculaire.

Le saviez-vous ? Certains oiseaux utilisent les plantes aromatiques (la sauge lors de notre démontage) mais aussi de la lavande, des immortelles ou autres plantes contenant des composants naturellement insecticides ou fongicides (… ailleurs des mégots tout aussi efficaces mais déconseillés aux oisillons !). Un bon nettoyage et l’utilisation éventuelle d’un antiparasitaire sans danger pour les oiseaux (essence de thym/serpolet, pyréthrine ou créosote) est donc idéal.

Un nettoyage tous les ans ou tous les deux ans est indispensable pour :

  • Vérifier que l’arbre « hôte » n’est pas étranglé par notre montage et que les fixations ne risquent pas de céder en s’abimant avec le temps. Utilisez de préférence des attaches souples et qui ne risquent pas de rouiller (caoutchouc/fil électrique gainé) en plaçant une petite calle entre le tronc et le nichoir.
  • Faire un état des lieux (toit, trou d’envol…) et réparer si besoin ou ajouter un peu de « fortifications » autour de la porte.

Et maintenant place au remontage en évitant les voisinages trop proches. Au jardin, évitez de multiplier les nichoirs pour une même espèce sauf pour les moineaux et les étourneaux qui aiment cohabiter. La plupart des oiseaux défendent leur territoire contre les intrus de la même espèce et la nourriture n’est pas forcément suffisante pour des convives ayant le même menu (granivores/ frugivores).

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