En Mars, des nichoirs tu poseras.

En balade sur l’Ile de Loisirs de Creteil? Pensez à lever les yeux !  Nature & Société a installé tout autour du lac une trentaine de nichoirs, petites boites qui permettent aux oiseaux d’élire plus facilement domicile à Créteil. A la Maison de la Nature, vous trouverez toutes les informations pour construire et installer vos nichoirs et ouvrir un refuge « bien urbain » pour les oiseaux du coin.

Pourquoi ce « coup de pouce » ?

On retrouve des traces de nichoirs en vannerie ou en poterie - « pots » à Etourneaux ou à Moineaux - dans de nombreuses régions dans lesquelles ces volatiles pouvaient passer dans l’assiette en cas de disette. Aujourd’hui il s’agit plutôt de contribuer à leur survie en ville en suppléant au manque d’habitats (arbres morts élagués, maisons laissant moins de place aux interstices, grillages en lieu et place des haies…).

Avec un nombre d’allers-retours impressionnants de la part des parents qui se relaient pour nourrir leurs petits, la pose de nichoirs permet d’observer plus facilement les oiseaux. Au printemps, Nature & Société organisera une balade pour observer les locataires des nichoirs et apprendre à les identifier. Vous pouvez également vous procurer à la Maison de la Nature son guide des oiseaux locaux « le Tour du lac à tire d’ailes ». Toutefois, ne restez pas trop longtemps à proximité des nichoirs habités et observez de préférence aux jumelles d’un peu plus loin sous peine d'entendre les parents inquiets "zinzinuler" à tue-tête puis déserter le coin.

Tête à l’endroit, tête à l’envers sous les feuillages, les mésanges acrobates consomment des centaines de chenilles chaque semaine, permettant aux jardiniers de se réjouir de voir  ces nombreux insectes passer « de salade à trépas » avec l'aide à ces précieux auxiliaires « bio ».

Avis aux bricoleurs

Seuls les oiseaux cavicoles (ceux qui affectionnent les cavités) se reproduisent dans un nichoir. Pas de chardonneret ou de merle donc, mais des troglodytes ou des rougequeues… L’idéal étant de choisir un nichoir (et surtout un diamètre de trou d’envol) adaptés aux oiseaux que vous apercevez régulièrement dans les parages et qui seront potentiellement vos futurs locataires.Le matériau idéal reste le bois : épais pour l’isolation thermique, brut « non raboté » pour faciliter l’escalade à l’intérieur (direction la sortie) et surtout non traité (ou uniquement l’extérieur avec des produits non dangereux). Vous pouvez également innover et joindre créativité et utilité en utilisant d’anciens pots de fleurs, des bûches taillées à la gouge, … Veillez toutefois à respecter les dimensions (profondeur, hauteur…) des nichoirs plus traditionnels, même si les oiseaux ne sont pas au courant et choisissent parfois des abris étonnants.

Quand et où le poser ?

Même si certains oiseaux, et notamment les troglodytes, viennent parfois s’y abriter des frimas de l’hiver (une mésange charbonnière tout étonnée est d’ailleurs sortie de l’un de nos nichoirs en cours de démontage), le nichoir n’est pas une « maison », au sens où nous l’entendons. Ces « domiciles » sont essentiellement utilisés par les oiseaux au moment de la nidification, … au printemps donc !

Certaines espèces, dont les mésanges, commençant très tôt leur repérage immobilier, l’idéal est d’installer (ou de nettoyer et de réinstaller) les nichoirs en fin d’automne ou en début d’hiver (en mars au plus tard). Pour la pose, réfléchissez… comme un oiseau : évitez les fils électriques, rues, baies vitrées sources de collision à proximité ainsi que les lieux bruyants ou avec du passage trop fréquent (devant votre porte d’entrée par exemple). Laissez la zone d’envol libre et dégagée et évitez de les placer à proximité de branches qui en faciliteraient l’accès et de faire de votre nichoir une « mangeoire à chat ».

La plupart des espèces privilégient les cavités placées bien en hauteur (au moins 1,80 m et bien plus haut pour le Martinet). Orientez le trou d’envol vers l’est ou le sud-est en évitant le « plein soleil ».

Protégez avec ingéniosité des écureuils, pies… par un grillage à mailles larges tout autour du nichoir (mais c’est assez peu esthétique), une collerette en plastique sur le tronc ou tout autre prototype de votre invention.

Pour ne pas trop compliquer la tâche et multiplier les allers-retours des parents à la recherche de nourriture, évitez d’installer votre nichoir dans une zone trop bitumée : il doit impérativement y avoir des arbres, des haies et des jardins, bref des sources d’alimentation naturelle (graines et/ou insectes selon les espèces) à proximité immédiate.