Un colocataire sous haute surveillance

Passer montanus - © JF MAGNE

Passer montanus - © JF MAGNE

Chaque hiver, les passereaux de l’Ile de loisirs se « chantent le mot », et les alentours de la maison de la nature deviennent LE restau*** huppé du coin.
Un vrai spot d’observation pour nous qui avons parfois un peu de mal à reprendre le clavier ! Les mésanges, acrobates, se perchent sur les boules de graisse, picorent le contenu des mangeoires et …, jettent ce qui ne leur plait pas au sol, faisant des heureux chez les moineaux.

Les pies rivalisent d’ingéniosité pour décrocher nos installations et partir avec la « cagnotte » tandis que perchés sur le composteur, rougegorge et troglodyte mignon rivalisent côté vocalises.

Dans le courant du mois d'avril, ce sont les parois, en bois non traité, de la maison de la nature qui font le bonheur des moineaux qui sont cavicoles (qui nichent dans les cavités).

Après s’y être réchauffés « en dortoir » pendant les nuits fraiches hivernales, chaque trou est prétexte à y glisser brindilles et autres matériaux de "second œuvre", en vue d’élever derrière nos murs toute une nichée d’oisillons. A peine ceux-ci envolés et le silence retombé, madame moineau refait son numéro de charme sous nos fenêtres et, c’est reparti pour 4 ou 6 nouveaux petits oisillons.

Les photographes et les ornithologues encerclent donc régulièrement la Maison de la Nature, l’un de nos colocataires est plus activement recherché et compté, il s’agit du Moineau Friquet.
Le Moineau domestique est, en quelque sorte, le moineau « des villes », tandis que le Moineau friquet est un rural moineau « des champs », des vergers ou des lisières de forêt. Au premier regard, on le confond aisément avec un moineau domestique mais sa calotte et sa nuque sont couleur chocolat (et non grises), la tache noire qu’il porte sur la joue est également un bon moyen pour l’identifier. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel, c’est-à-dire que mâle et femelle ont le même plumage, contrairement au moineau domestique dont le mâle porte la calotte tandis que la femelle aborde un plumage zébré dans les tons bruns.

En Ile-de-France et ailleurs, les différents programmes de suivi des oiseaux, STOC-EPS  notamment, indiquent un très fort déclin des populations de moineau friquet depuis 2001 qui a donc un statut protégé et réglementé.

Sont à priori coupables :

  • Les pesticides et herbicides qui contaminent les graines et les insectes dont se nourrit le moineau friquet. Sur l’Île de Loisirs de Créteil, le « zéro pesticides » mis en place par les jardiniers contribue donc à sa protection.
  • Le manque d’espaces urbains riches en graines. Selon le Centre Ornithologique d'Ile de France (CORIF), la disparition des friches de la Pointe du Lac, suite à la construction des nouveaux quartiers, semble aller de pair avec une régression des populations de moineaux friquets. Au-delà de leur esthétique champêtre, les parcelles en gestion différenciées, que s’efforcent de mettre en place le service technique des Parcs et Jardins de Créteil ont donc un intérêt crucial. Vous pourrez d’ailleurs observer le moineau friquet dans les cardères et hautes herbes riches en graminées de la prairie à l’entrée du lycée Léon Blum.
  • Les aménagements : disparition des haies, des vergers hautes tiges riches en cavités… A contrario, avec ses multiples nichoirs improvisés, la Maison de la Nature permet au moineau friquet de faire face à la pénurie du logement.

Devenez acteur!

  1. Installez des nichoirs : n’hésitez pas à nous consulter pour mieux comprendre l’orientation idéale, la taille du trou d’envol adéquate et autres détails pratiques. Au printemps, faites le tour de la trentaine de nichoirs installés par l’association sur l’île de loisirs et venez afficher vos photos et dernières informations (naissances, nouvel occupant…).
  2. Pour votre santé et celle des oiseaux, bannissez les pesticides de votre jardin. Semez des plantes esthétiques pour vous et qui profitent aux oiseaux, aux papillons et aux butineurs dans leur ensemble.
  3. Participez à quelques sorties ornithologiques avec Nature & Société ou le Centre Ornithologique d’Ile de France . Feuilletez « le tour du lac à tire d’ailes »,  Bref, faites plus ample connaissance avec les oiseaux.
  4. Notez vos observations sur le site faune Ile de France, qu’il s’agisse des oiseaux, des insectes, des quelques mammifères de l’Ile de Loisirs. Vos observations sont précieuses pour connaitre l’évolution des espèces franciliennes, agir, impulser des prises de décisions positives.
  5. Transmettez vos observations sur votre commune. Face à la situation difficile que rencontre cette espèce depuis quelques années, symbolique de la dégradation des milieux périurbains et ruraux, la Commission Naturaliste du CORIF a décidé de lancer une "grande enquête Friquet" à l'échelle de l'Ile de France.
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